Sacrée championne du monde face à l’Argentine (1-0 a.p.), l’Espagne réédite son doublé Euro-Mondial de 2008-2010. Les raisons d’une hégémonie qui pourrait durer.
Par Thiago Alukap · 21 juillet 2026 à 00:04 · 2 min
L’Espagne a bouclé la Coupe du monde 2026 comme elle l’avait commencée : en maîtrisant le ballon et en étouffant ses adversaires. Victorieuse de l’Argentine en finale (1-0 après prolongations), la Roja signe un deuxième doublé Euro-Coupe du monde après celui de 2008-2010, confirmant son statut de sélection de référence du XXIe siècle.
La route avait pourtant été semée d’embûches entre les deux cycles. Éliminée dès le premier tour en 2014 puis en huitièmes de finale lors des deux tournois suivants, l’Espagne avait perdu le fil. La philosophie de jeu héritée du tiki-taka du Barça semblait avoir du mal à se transmettre à une génération moins bien dotée. L’arrivée de Luis de la Fuente sur le banc en 2022 a rebattu les cartes : ancien formateur des équipes de jeunes fédérales, il connaît sur le bout des doigts le vivier dont il dispose et a su moderniser le style sans le trahir. Le résultat est éloquent : un seul but encaissé sur l’ensemble du tournoi, un record battu.
Contre la France de Kylian Mbappé et l’Argentine de Lionel Messi, ce qu’on voulait par-dessus tout, c’était avoir le ballon
C’est Pedro Porro qui résume le mieux l’état d’esprit espagnol : « Contre la France de Kylian Mbappé et l’Argentine de Lionel Messi, ce qu’on voulait par-dessus tout, c’était avoir le ballon. » Une possession qui n’est pas une fin en soi, mais bien l’arme défensive et offensive d’un collectif huilé. Désigné meilleur gardien du tournoi, Unai Simon a de son côté insisté sur l’exigence que ce système impose : « Notre jeu est exigeant, tactiquement et mentalement, au niveau de la concentration. »
De la Fuente lui-même, en conférence de presse, n’a pas caché sa fierté pour le modèle de formation national : « Je dis toujours que le joueur espagnol est le meilleur joueur du monde quand on parle d’interprétation du jeu. Il sait comment se comporter en attaque et en défense. C’est la grande réussite des entraîneurs et du football de notre pays. » Avec quatre Euros et deux Coupes du monde au compteur, dont cinq trophées glanés au XXIe siècle, la Roja aborde désormais l’avenir depuis une position de force. L’Euro 2028, organisé au Royaume-Uni, constituera la prochaine grande échéance, avant un Mondial 2030 que l’Espagne aura la particularité de pouvoir défendre en partie sur son propre sol.