L’OM traverse sa pire crise financière de l’ère McCourt. Paradoxe : cette situation pourrait protéger Habib Beye, dont le contrat court jusqu’en 2027.
Par Alexis Duvrain · 2 juin 2026 à 19:33 · 2 min
Habib Beye n’a reçu aucun message de sa direction laissant présager un départ, selon La Provence. Le paradoxe tient en une ligne : c’est justement la situation catastrophique de l’Olympique de Marseille sur le plan financier qui pourrait permettre à l’entraîneur de conserver son poste.
Le club affiche 105 millions d’euros de pertes nettes sur le seul exercice 2024-2025, et près de 157 millions sur trois ans. L’audition devant la DNCG a été repoussée à fin juin, et une procédure UEFA est en cours, susceptible d’aller jusqu’à l’exclusion de la Ligue Europa. Dans ce tableau, rompre le contrat de Beye, en place jusqu’en 2027, génèrerait une indemnité, recruter un successeur crédible impliquerait un salaire plus élevé et un staff renouvelé. La nouvelle direction incarnée par Stéphane Richard et Grégory Lorenzi a hérité d’une situation décrite comme « plus délicate que prévu » et prône une austérité radicale.
Pas facile d'être pompier de service à l'#OM. Comme Jean-Louis Gasset en fév 2024, Habib Beye avait 12 journées de Ligue 1 pour essayer de redresser la saison marseillaise. Il a pris 19 points sur 36, contre 20 pour le vieux père Gasset. Pas de miracle, pas de naufrage non plus
Arrivé en février dernier, Beye a terminé la saison avec une cinquième place en Ligue 1 et une qualification pour la Ligue Europa, résultat insuffisant aux yeux de Frank McCourt qui visait la Ligue des champions. Pourtant, il aurait été maintenu à chaque turbulence au motif que « les problèmes vont plus loin que l’entraîneur », formule qui traduit une crise perçue comme structurelle, et non tactique.
L’OM devrait réaliser entre 50 et 60 millions d’euros de ventes minimum cet été pour éviter un encadrement de sa masse salariale ou une interdiction de recrutement. Tant que ce chantier prioritaire mobilisera toute l’énergie de la direction, ouvrir simultanément un dossier sur le banc relèverait d’une faute de gestion, selon La Provence. Beye se retrouve ainsi protégé par défaut, en attendant le passage devant la DNCG et la décision de l’UEFA sur le respect de l’accord signé en 2022.