Au-delà de l’enjeu sportif du groupe H, Uruguay-Espagne à Guadalajara coïncide avec la reprise des relations diplomatiques entre l’Espagne et le Mexique.
Par Thiago Alukap · 26 juin 2026 à 23:34 · 2 min
Sur le papier, c’est un match de phase de groupes entre deux nations déjà qualifiées pour les seizièmes de finale. Dans les tribunes du Guadalajara Stadium, c’est autre chose : la rencontre entre l’Uruguay et l’Espagne, rapportée par So Foot depuis le Mexique, prend une dimension qui dépasse largement le rectangle vert.
Dans la loge présidentielle, le roi Felipe VI sera présent, moins de quarante-huit heures après avoir serré la main de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum au Palacio Nacional de Mexico. Ce geste a officiellement mis fin à sept ans de gel diplomatique entre Madrid et Mexico City, une brouille née en mars 2019 quand l’ancien président Andrés Manuel López Obrador avait exigé de la couronne espagnole des excuses publiques pour les violences commises durant la Conquista. Plusieurs refus plus tard, la rupture était actée. C’est la Coupe du monde 2026, organisée en partie sur le sol mexicain, qui a servi de cadre à la réconciliation.
La Coupe du monde a accéléré la normalisation des relations entre l’Espagne et le Mexique
Le signal avait été envoyé en mars dernier, quand Felipe VI avait pour la première fois évoqué publiquement des « abus » lors de l’inauguration d’une exposition sur les cultures pré-hispaniques à Madrid, « un premier pas » salué par Sheinbaum. Alfredo Avila, professeur d’histoire à l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM), résume l’évidence dans les colonnes de So Foot : « La Coupe du monde a accéléré la normalisation des relations entre l’Espagne et le Mexique. Ces deux pays avec des liens commerciaux, culturels et linguistiques si forts ne pouvaient pas rester fâchés à l’occasion d’un tel événement. »
Sportalement, la Roja aborde ce dernier match de poule depuis la première place du groupe H. L’Uruguay, de son côté, cherche à terminer en tête plutôt qu’en dauphin. Un duel au sommet, sous les yeux d’un roi, dans une ville mexicaine qui n’avait pas vu l’Espagne aussi proche depuis bien longtemps.
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